A l'occasion du lancement, sur M6,en inédit en clair, de la saison 4 de « Desperate Housewives », le tournage de la série à succès a ouvert ses portes à « TV Magazine », en exclusivité. Alors que la saison 5 se tourne, notre reporter est allée se perdre dans les maisons de Wisteria Lane.
Des studios de tournage impressionnants !
Los Angeles, 9 heures du matin. Le taxi prend la direction des Studios Universal, soit 16 hectares dédiés au cinéma et à la télévision. Le rendez-vous a beau avoir été pris depuis des semaines, il me faut quand même montrer patte blanche auprès de deux vigiles inquisiteurs. «Passeport, interdiction de filmer, etc. ». Enfin lâchée en liberté, je fais face à un impressionnant dédale de buildings. Difficile d'imaginerque « Desperate Housewives », série star d'ABC, se niche au c½ur de cette enfilade à perte de vue de studios en béton gris.
Pour moi, la visite débute dans le bâtiment de la production de « DesperateHousewives ». Ici, à chaque étage se côtoient les auteurs, les producteurs, l'équipe artistique, etc. Une vraie ruche... sauf ce matin; apparemment, personne ne rôde dans les parages. Dans le couloir, qui donne sur le hall d'entrée, sont suspendues, en très grand, les affiches promotionnelles des cinq saisons de la série.
Un air de David Lynch
J'attends qu'on vienne me chercher lorsqu'arrive, telle une apparition, Kyle MacLachlan. Depuis la saison 2, l'acteur fétiche de David Lynch incarne Orson, devenu le mari de Bree (Marcia Cross). D'un pas souple etsilencieux, il passe par l'accueil entièrement vide, où trônent deux improbables gros fauteuils en cuir noir. Avec en plus en fond sonore, le bourdonnement de la climatisation, on dirait presque qu'il me rejoue une scène de rêve de « Twin Peaks » ! En jean, veste bleu marine etcheveux gominés, l'ex-agent Cooper est très gentlemen farmer. Frais, il est pourtant debout depuis 6 heures pour s'occuper de son bébé, Callum.Ce père de famille « old school » est bien plus jeune en vrai que dans la série où on lui teint les cheveux en poivre et sel, ce qui l'ennuie un peu, m'avouera-t-il. On le comprend. Nous parlons de David Lynch, forcément. Il me dit qu'il va le voir ce week-end pour soutenir sa fondation sur la méditation transcendantale ( http://www.davidlynchfoundation.org/ ). Kyle, lui, n'a pas franchement besoin de méditer tant il exhale une calme sérénité. L'attaché de presse de la série me chuchotera plus tard que l'acteur est « une bénédiction » l'un des rares à avoir « les pieds sur terre » parmi lecasting de « Desperate Housewives ».
En route pour Wisteria Lane !
Je quitte l'acteur pour me rendre enfin à Wisteria Lane, la fameuse rue où cohabitent Susan, Edie, Linette et Bree. Au volant d'une voiturette degolf aux couleurs de la série, on se sent vraiment au c½ur de Hollywood. Ici, se tournent en même temps des séries comme « Les Experts », « Life » ou « Ghost Whisperer ». A cette heure encore matinale, tout est silencieux. On croise surtout les techniciens,charpentiers, et autres ouvriers casqués. C'est le chantier avant l'arrivée des stars. Ici, tout se fait et se défait au gré des scénarios. Au loin je reconnais l'hôtel de ville de la trilogie «Retour vers le futur » (un décor qui a failli totalement disparaîtredans un incendie l'an dernier).
Dans le secret de la voix-off
Sur le chemin se trouve un studio d'enregistrement où Brenda Strong (MaryAlice, personnage clé de la série) tourne la si particulière voix-offde « Desperate Housewives ». L'actrice est ainsi l'une des premières spectatrices des épisodes, car elle pose sa voix, non pas à l'aveugle, mais en visionnant les scènes fraîchement tournées et montées. Sonémotion, transmise par sa voix, est ainsi intacte. Strong pousse même le vice jusqu'à enregistrer les pieds nus pour être totalement «branchée » sur l'intrigue.
Visite des maisons en totale liberté !
Pas le temps de s'attarder, ma voiturette prend la James Stewart Street (dans le studio, ville géante, toutes les allées portent des noms de stars de Hollywood qui débouche enfin sur Wisteria Lane. La voiture s'arrête au tout début de cette rue, qui a déjà servi dans d'autres productions. Le premier coup d'½il confirme ce que l'on voit à l'écran: c'est une « vraie » rue, bordée d'authentiques maisons « en dur » ;seuls les premiers étages et certaines pièces sont reconstruits ailleurs. A pied, tranquillement, on la remonte en 15 minutes. . Ce qui frappe, c'est le calme - personne ne tourne ce matin-là - et ce parfait-alignement-de-maisons-parfaites, bordées de clôtures immaculées. Un décor pensé par le créateur de la série, Marc Cherry,pour trancher avec la noirceur des tourments des héroïnes. Ici, l'existence de chacune est un désespoir tranquille abrité derrière de jolis rideaux
Dans le secret des « Desperate Housewives »
La première maison sur la gauche est celle des Solis, « étonnamment abîmée?!» dis-je à voix haute en remarquant la peinture ocre de la façade craquelée et le jardin à l'abandon... avant de me rappeler que dans la saison 5 Gaby et son mari sont ruinés. « Les jardiniers et peintres ont simplement arrêté de s'en occuper pour qu'elle tombe dans cet état » medit-on. Sous entendu, les autres maisons ont bénéficié d'un ravalementde façade quasi hebdomadaire. En entrant dans chaque demeure, je découvre qu'elles possèdent toutes un véritable intérieur meublé, avec de vrais fours, machines à laver et frigo, etc. « Par contre il n'y a pas d'eau, m'explique-t-on. Si un personnage doit faire la vaisselle dans l'épisode (ce qui arrive fréquemment pour nos femmes au foyer préférées), on met de l'eau par en dessous le décor ».